Sommaire
  1. Spasmophilie, tétanie : de quoi parle-t-on ?
  2. Les symptômes d’une crise
  3. Que faire pendant une crise ?
  4. Prévenir les crises
  5. Le cercle peur-symptôme
  6. En parler à son entourage
  7. Pourquoi un bilan médical est indispensable
  8. Questions fréquentes
  9. Sources

En France, beaucoup de personnes ont entendu parler de spasmophilie, voire en ont reçu le « diagnostic » : des crises avec fourmillements dans les mains, crampes, sensation d’étouffement, palpitations, parfois une impression de malaise imminent. Le terme est pourtant peu utilisé ailleurs dans le monde, et la médecine actuelle le considère comme flou.

Ce qu’on appelait spasmophilie correspond le plus souvent à un ensemble de symptômes liés à l’anxiété et à l’hyperventilation, c’est-à-dire une respiration trop rapide. Comprendre ce mécanisme aide à mieux vivre les crises, et surtout à les prévenir.

Spasmophilie, tétanie : de quoi parle-t-on ?

On confond souvent spasmophilie et tétanie. La tétanie au sens médical est une hyperexcitabilité des nerfs et des muscles, qui peut être due à un manque réel de calcium ou de magnésium dans le sang. Elle se diagnostique par une prise de sang et se traite en corrigeant la cause.

La spasmophilie, elle, désigne des symptômes proches mais sans anomalie biologique nette, souvent chez des personnes anxieuses. Pour la plupart des médecins aujourd’hui, elle correspond à des crises d’angoisse avec hyperventilation, parfois appelées syndrome d’hyperventilation. Cette courte émission d’Europe 1 fait le point sur ce que recouvre ce mot :

VidéoSpasmophilie : qu’est-ce que c’est ?Une explication grand public de ce que recouvre le terme spasmophilie et de son lien avec l’anxiété.Voir sur YouTube · Europe 1

Les symptômes d’une crise

  • Fourmillements dans les mains, les pieds, autour de la bouche ;
  • Crampes, raideurs des doigts, parfois mains qui se « bloquent » en pince ;
  • Sensation d’étouffement, oppression thoracique, gorge serrée ;
  • Palpitations, sueurs, tremblements ;
  • Vertiges, tête légère, sensation d’irréalité ;
  • Peur intense de faire un malaise ou de mourir.

Ces symptômes impressionnent, et c’est bien là le piège : la peur qu’ils provoquent accélère encore la respiration, ce qui les aggrave. Le mécanisme est détaillé dans notre article sur l’hyperventilation liée à l’anxiété.

Que faire pendant une crise ?

Évitez de respirer dans un sac en papier, une pratique ancienne qui n’est plus recommandée comme réflexe. Si quelqu’un est avec vous, demandez-lui simplement de rester calme à vos côtés et de respirer lentement avec vous. Les repères pour traverser une crise d’angoisse s’appliquent pleinement.

Prévenir les crises

La prévention passe par trois axes :

Rééduquer la respiration

Pratiquez chaque jour, à froid, quelques minutes de respiration abdominale lente, avec une expiration allongée. L’objectif est de retrouver une respiration basse et calme au repos, pour que l’emballement se déclenche moins facilement.

Réduire l’anxiété de fond

Activité physique régulière, sommeil suffisant, limitation des excitants comme le café ou certaines boissons énergisantes, moments de détente : tout ce qui diminue le niveau de stress général réduit la fréquence des crises. Un accompagnement psychologique, notamment par thérapie cognitive et comportementale, est souvent très utile.

Comprendre pour ne plus avoir peur

Savoir que les fourmillements viennent de la respiration et non d’un problème grave désamorce une grande partie de la spirale. Beaucoup de personnes constatent que leurs crises s’espacent dès qu’elles cessent d’en avoir peur.

À lire aussiSensation de manque d’air due au stress : pourquoi on n’arrive pas à respirer à fond

Le cercle peur-symptôme

Les crises se répètent souvent selon le même enchaînement : une sensation corporelle, un fourmillement, un cœur qui s’accélère, une pensée inquiète, une respiration qui s’emballe, des symptômes qui s’intensifient, une peur qui grandit. Chaque tour du cercle renforce le suivant.

On peut agir à plusieurs endroits de ce cercle : sur l’interprétation, en se rappelant que les symptômes viennent de la respiration ; sur le souffle, en ralentissant l’expiration ; sur l’attention, en s’ancrant dans la pièce. Il suffit souvent de casser un seul maillon pour que la crise perde de sa force.

En parler à son entourage

Beaucoup de personnes cachent leurs crises, par peur d’être jugées. Pourtant, expliquer simplement à ses proches ou à un collègue de confiance ce qui se passe, et ce qui aide, rend les crises moins effrayantes. Une phrase suffit : « Parfois je fais des crises d’angoisse, ce n’est pas dangereux, j’ai juste besoin de m’asseoir et de respirer lentement quelques minutes. »

Savoir que quelqu’un comprend réduit la peur d’avoir une crise en public, qui est elle-même un déclencheur fréquent.

Pourquoi un bilan médical est indispensable

Avant d’attribuer des crises à l’anxiété, il faut écarter d’autres causes : troubles du calcium, du magnésium ou du potassium, problèmes de thyroïde, troubles cardiaques ou respiratoires, effets de certains médicaments. Une consultation et, si besoin, une prise de sang permettent de faire le point.

Une fois ce bilan fait, la situation devient plus claire, et il est plus facile de s’engager dans un travail sur la respiration et le stress sans douter en permanence.

Questions fréquentes

La spasmophilie existe-t-elle vraiment ?

Les symptômes existent et sont réels. Le terme, lui, est considéré comme imprécis : on parle aujourd’hui plutôt de crises d’angoisse avec hyperventilation, après avoir écarté une carence ou une autre maladie.

Une crise de spasmophilie est-elle dangereuse ?

Chez une personne sans autre problème de santé, une crise liée à l’hyperventilation est très désagréable mais pas dangereuse. Un bilan médical permet de s’en assurer.

Combien de temps dure une crise ?

Souvent de quelques minutes à une demi-heure. Ralentir l’expiration et cesser de lutter la raccourcit généralement.

Sources

  • Inserm. Troubles anxieux. Dossier d’information de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale.
  • NHS. Panic disorder. Service public de santé britannique, en anglais.